Carnets d’un Orque Libre, feuillet n°2

Chapitre 1 – Une initiation mouvementée

Comme je m’ennuie, chaque petit évènement me sortant de la routine est une fête. J’espère un moment qu’on va cette fois nous annoncer qu’on va ouvrir la porte, et sortir. Pas cette fois, encore. Cette fois, c’est l’Initiation des petits.

Quand cet idiot de Gamet m’annonce en plus qu’il va falloir s’occuper des enfants pendant les préparatifs, je m’emporte. Je lui suggère de me laisser garder le troupeau. Ou d’aller répandre l’engrais dans la champignonnière. Je le supplie, mais rien n’y fait. C’est le chef. Je lui dois respect et obéissance. Alors j’obéis, et je rejoins les autres condamnés aux hurlements des gosses.

Les enfants sont un échantillon représentatif et vociférateur de la population du Kaer. Je les repère de très loin à leurs hurlements qui résonnent sous la voute. Il y a là Rorik le troll, Zimbedar l’Elfe, Tarek le T’Skrang , Tarum l’Humain, Zelia l’Orque et Cécile la Sylpheline.
Les autres garde-chiourmes, je les connais. Deux humains de la classe. Et un Tskrang. Je dis bonjour, me demandant si c’est vraiment le jour dehors. Je suis un moment tenté de laisser la besogne à mes compagnons : ils sont assez nombreux en fait. Mais je constate que Gamet a songé à nous adjoindre deux vieux adeptes séniles et grabataires. Je reconnais Lucius Ganrouge et Hérodote Rouleconte. Ils vont me dénoncer à Gamet si je disparais. Ou pire, au Prof’ Bleucrête. Alors je serre les dents, et on emmène les enfants en ballade.

En fait de ballade, c’est un tour du Kaer que nous faisons et je le connais par cœur. Les enfants semblent y trouver leur compte, car ils courent dans tous les sens. Les vieillards sont plus un fardeau qu’une aide. Heureusement, mes compagnons de garde ne sont pas trop bavards, et je consens à plusieurs reprises à répondre à leurs quelques questions et même à sourire. Après tout, aucun d’entre eux n’est nain.

Une fois de plus, j’aurai du ignorer le flot de paroles de ces bavards et surveiller les gosses. L’un d’entre eux s’est enfui. Je ne sais plus lequel et bien évidemment, j’ai oublié leurs noms et leur nombre. Je m’énerve et j’accuse mes compagnons. Heureusement, on retrouve le petit farceur et je peux me calmer. Quelques instants plus tard, un autre échappe à notre surveillance. Nous l’appelons, et finissons par le retrouver non loin de là. La journée va être très longue.

C’est alors que l’aventure, MON aventure commence.
Une explosion sourde fait trembler les murs du Kaer. Je pense tout d’abord que le mur s’est effondré. Pris de remords, je me mords les lèvres en regrettant de n’avoir pas alerté le Chef des craquelures dans le mur. Puis je constate que le nuage de poussière qui se répand dans le Kaer ne vient pas du mur, mais du coté opposé du Kaer. Laissant les enfants aux bons soins des deux vieillards, nous nous élançons vers la salle des fêtes ou nous avons laissés les autres habitants. Nous découvrons l’entrée de la salle des fêtes obstruée par des roches, et les cris de quelques blessés de part et d’autre des blocs de pierre déclenchent chez moi une jubilation malsaine : il y a des blessés, peut-être même des morts. Mais au moins il se passe quelque chose…

Alors que nous secourons les blessés enfouis sous les roches, un banc, des outils, une table se dirigent vers nous en sautillant, semblant mus par une énergie propre, et couverts d’une sorte de givre. Alors, une sensation étrange de peur et un frisson d’adrénaline s’emparent de moi et je sens alors mon corps se préparer à l’inévitable affrontement. Enfin je comprends tout.
Les cours de Malouk Bleucrête.
L’initiation de mon enfance, avec les rites des anciens.
Les explications de mes parents fiers et émus sur mon nouveau statut d’Adepte.
Je laisse cette conscience m’envahir et me guider. Des griffes longues de trois pouces sont apparues au bout de mes doigts. Je m’en sers pour réduire en charpie les meubles possédés. Satisfait de mon ouvrage, je sors de ma transe destructrice et mon estomac se noue à nouveau : il faut mettre les enfants à l’abri.

Ce qui devait arriver arrive alors : Tarek le T’ Skrang a disparu. Encore plus inquiets, nous nous lançons à sa recherche, en l’appelant. Enfin, nous le retrouvons dans une cabane. Je m’apprête à le réprimander bruyamment avant de l’ignorer superbement pour le reste de la journée, mais je n’en ai pas le temps : ses explications sont incohérentes. Il prétend s’être absenté pour retrouver son « Gros-Pa », qu’il va voir régulièrement. En continuant de l’interroger (et tout en faisant montre d’un calme hors normes pour tout être orquoïde) je comprends que son « Gros-Pa » est l’un des morts du mur-mausolée. Mes compères et moi croyons d’abord à des histoires tout droit sorties d’un esprit d’enfant, avant de réaliser que ce peut avoir un lien avec le sort de nos proches.

Il faut aller voir ça. Il faut que je voie ça.

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